Consultation « Vieillir en France » : mobiliser son EHPAD avant la clôture

Actualités professionnelles · Publié le · 6 min de lecture

Le ministère chargé de l'Autonomie a ouvert une consultation citoyenne nationale sur le grand âge, dont la clôture approche à grands pas. Pour le médecin coordonnateur, c'est l'occasion de faire remonter la voix de son établissement avant que les orientations préparées pour la future Conférence nationale de l'autonomie ne soient arrêtées. Il ne reste que quelques jours pour mobiliser résidents, équipes soignantes et direction.

Une consultation nationale pour construire l'après-Ehpad

Le ministère chargé de l'Autonomie a ouvert une consultation citoyenne intitulée « Vieillir en France, aujourd'hui et demain », portée sur Agora, la plateforme de participation citoyenne du Gouvernement. Dans un communiqué publié sur son site, le ministère expose sa démarche : La transition démographique appelle à bâtir de nouvelles solutions pour répondre aux besoins de nos concitoyennes et de nos concitoyens. Camille Galliard-Minier, ministre chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, y défend une vision positive du vieillissement de la population, qu'elle décrit comme Le vieillissement de la population est une chance, individuelle et collective, pour aller vers une société de la longévité – celle où chaque génération trouve sa place. Elle précise vouloir associer directement les personnes concernées à la réflexion : Je souhaite consulter les Françaises et les Français, en premier lieu les personnes âgées elles-mêmes, afin de tenir compte de la diversité de leurs aspirations.

Pour le médecin coordonnateur, cette consultation n'est pas un exercice de communication parmi d'autres : elle prépare directement les arbitrages qui structureront l'exercice de sa fonction dans les prochaines années, du contenu du projet de soins à l'organisation même de l'établissement.

Un calendrier serré : la clôture approche

La fenêtre de contribution est courte. Selon le Synerpa, qui relaie l'appel à mobilisation auprès de ses adhérents : « Ouverte jusqu'au 20 septembre 2026, cette consultation invite les citoyens à partager leurs attentes ». Passé ce délai, les contributions ne pourront plus être prises en compte : Les contributions recueillies permettront de nourrir les travaux préparatoires à la Conférence nationale sur l'autonomie (CNA) et de mieux prendre en compte les besoins et aspirations des personnes concernées. Le ministère confirme lui-même que La Conférence nationale de l'autonomie qui se tiendra à l'automne en constituera un temps fort.

Concrètement, chaque jour compte : au-delà de la clôture, la voix des résidents, des équipes soignantes et de la direction de l'établissement ne pourra plus alimenter les arbitrages qui seront présentés lors de cette Conférence.

Cinq thèmes qui dessinent l'avenir de l'Ehpad

Dans cette perspective, la ministre ouvre une consultation publique destinée à recueillir l'avis des Françaises et des Français sur les grandes priorités de la mobilisation : cinq axes structurent le questionnaire proposé aux citoyens.

  • Agir pour vieillir en bonne santé
  • Diversifier les lieux de vie
  • Accompagner la transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie
  • Aider les aidants
  • Valoriser les métiers de l'autonomie

Pour le médecin coordonnateur, le troisième thème mérite une attention particulière : il touche directement à l'avenir organisationnel de son établissement et aux missions qui lui seront confiées demain.

« Maisons France Autonomie » : ce que la transformation laisse présager

La transformation des Ehpad en « Maisons France Autonomie » n'est pas une idée nouvelle : elle figure déjà dans les travaux du Conseil de l'âge du Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA). Selon son rapport, consultable sur le site du HCFEA, La ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées a proposé la transformation des Ehpad en « maisons France autonomie ». Cette perspective, d'abord associée à une logique de labellisation, a depuis été précisée : le HCFEA rapporte que la ministre a indiqué qu'il s'agirait davantage d'un cadre d'évolution et de transformation des établissements, reposant sur des engagements de missions et une dynamique de convergence des pratiques.

Sans que ces exemples ne constituent le cahier des charges officiel des Maisons France Autonomie, le rapport du HCFEA documente par ailleurs des transformations déjà engagées dans le secteur. Lors d'un séminaire consacré à l'immobilier en Ehpad, le Conseil de l'âge a recensé des programmes de rénovation visant des établissements organisationnelles et architecturales, avec un nombre de lits suffisants (90 à 150) pour atteindre une taille critique en termes d'efficience, mais réparti en des unités de taille et de conception humaine (une dizaine de chambres). La fondation Partage et Vie illustre pour sa part cette même logique, avec des projets reposant sur des unités de vie à taille humaine, des espaces personnalisables et une ouverture renforcée vers l'extérieur, dans une logique d'appropriation par les résidents et de continuité avec le domicile antérieur.

Le Conseil de l'âge inscrit sa propre réflexion, distincte du projet « Maisons France Autonomie » mais dans le même esprit de transformation, dans une perspective plus large : il désigne cette évolution par le terme de « maison'âge » : « Cette ambition dépasse le seul avenir des Ehpad et participe à la construction d'une société de la longévité capable de considérer le grand âge non comme une marge de l'existence, mais comme une nouvelle dimension des vies humaines. » Pour le médecin coordonnateur, ces différents travaux convergent sur plusieurs dimensions concrètes — taille des unités, ouverture vers l'extérieur, organisation des missions — sur lesquelles la consultation citoyenne peut aussi nourrir la réflexion.

Le Synerpa appelle à relayer la consultation auprès des équipes et des résidents

Le Synerpa a publié un appel explicite à la mobilisation de ses adhérents. La fédération situe la consultation dans le cadre plus large les enjeux liés au vieillissement et à l'autonomie et invite les directions d'établissement à agir sans attendre : Nous vous invitons à participer à cette consultation et à la relayer largement auprès de vos équipes, de vos résidents, de vos usagers et de vos différents réseaux.

Comment mobiliser résidents et équipes avant la clôture

En tant que médecin coordonnateur, vous êtes en position de relais naturel entre la direction, les équipes soignantes et les résidents. Plusieurs leviers simples permettent de mobiliser votre établissement dans le temps qu'il reste :

  • Informez la direction et le conseil de la vie sociale de l'existence de la consultation et de sa clôture prochaine, afin qu'un relais soit organisé sans délai.
  • Associez les résidents en capacité de s'exprimer, notamment via le conseil de la vie sociale, en leur présentant les cinq thèmes du questionnaire dans un langage accessible.
  • Sollicitez les équipes soignantes et les fonctions support sur le thème de la valorisation des métiers de l'autonomie, qu'elles sont les mieux placées pour documenter.
  • Faites le lien avec le projet d'établissement en cours : les réponses apportées peuvent s'appuyer sur les procédures déjà en place en matière d'accompagnement et d'ouverture sur l'extérieur.
  • Rappelez que la contribution se fait individuellement, sur la plateforme Agora, et qu'aucune remontée collective n'est requise pour que la voix de l'établissement compte.

Une société de la longévité : les chiffres à retenir

Les projections démographiques rappelées par le ministère donnent la mesure de l'enjeu. En 2030, 1 Français sur 4 aura plus de 60 ans. En 2050, ce sera 1 Français sur 3. Ces chiffres replacent la consultation dans une trajectoire de long terme : celle d'une société où l'organisation du grand âge, et donc le rôle du médecin coordonnateur, devient un enjeu de société à part entière.

Ce qui se joue ici dépasse le seul exercice de style institutionnel. Les priorités retenues à l'issue de la consultation orienteront les textes et les financements qui encadreront, demain, l'organisation médicale des établissements, la taille des unités de vie et les missions confiées au médecin coordonnateur. Pour la fonction, rester à l'écart de cette étape reviendrait à laisser d'autres acteurs, moins directement confrontés au quotidien des résidents et des équipes, définir seuls le cadre de demain.

Pour aller plus loin

Pour resituer cette consultation dans le cadre plus large de vos responsabilités, vous pouvez consulter le référentiel des missions du médecin coordonnateur ainsi que les ressources consacrées au pilotage et à la direction d'établissement. L'ensemble de l'actualité réglementaire du secteur permet par ailleurs de suivre les suites données à cette consultation jusqu'à la Conférence nationale de l'autonomie.

Sources officielles