Infirmiers de nuit mutualisés entre EHPAD : ce que rapporte l’ARS Occitanie

Clinique & protocoles · Publié le · 5 min de lecture

L’ARS Occitanie présente des dispositifs d’infirmiers de nuit mutualisés entre EHPAD, et une étude en décrit l’activité. Cet article distingue la page de l’ARS et l’étude, sans les rapprocher, pour un lecteur qui exerce dans la région.

Objectif et origine des dispositifs

La page d’actualité de l’ARS Occitanie expose ainsi la raison d’être de ces dispositifs : « Afin de garantir la continuité des soins, sécuriser la prise en charge nocturne des résidents en EHPAD et éviter des transferts inappropriés vers les services d’urgence, l’ARS soutient le déploiement de dispositifs d’infirmiers mutualisés entre EHPAD. » La même page précise : « L’objectif est d’assurer une présence infirmière de nuit, en astreinte ou en garde. »

Une étude consacrée à l’activité de ces dispositifs, réalisée par le CREAI-ORS avec le soutien financier de l’ARS, en donne une définition : « Le dispositif d’infirmier·e (IDE) de nuit repose sur la mutualisation d’IDE la nuit entre les EHPAD d’un territoire. » Pour l’origine, elle indique : « Expérimenté depuis 2012 en Occitanie, le déploiement organisé par l’ARS Occitanie a débuté fin 2018 via des appels à candidature. »

Le même document énumère les objectifs du dispositif. Parmi ceux-ci figurent :

  • assurer la continuité des soins et la sécurisation de la prise en charge ;
  • favoriser la pertinence des hospitalisations la nuit ;
  • faciliter le retour en institution en sortie d’hospitalisation ;
  • renforcer la qualité du parcours du résident.

Couverture : la page de l’ARS, puis l’étude

Deux documents, deux bases : il convient de ne pas les lire comme une progression. Commençons par la page de l’ARS. Elle indique que près de 500 EHPAD de la région, soit plus de 60 % des établissements, en bénéficient déjà, couvrant environ 35 000 résidents grâce à 61 dispositifs mutualisés.

Sur la mise en place, la page cite les acteurs concernés : « Leur mise en place repose sur la mobilisation conjointe de nombreux acteurs du secteur sanitaire et médico-social (EHPAD, hôpitaux, HAD, SSIAD, associations, URPS infirmiers avec le projet DIANE). » Elle ajoute que ce déploiement, financé par l’ARS à hauteur de 3,43 M€, s’inscrit dans une dynamique engagée depuis plus de 8 ans et poursuit une ambition claire : permettre, à terme, l’intervention d’un infirmier la nuit dans chaque EHPAD de la région.

L’étude relève d’un autre document, avec ses propres données et son propre millésime. Elle rapporte : « 2 sur 3 EHPAD d’Occitanie disposant d’un·e IDE disponible la nuit en 2024, couvrant 69% des places », et indique que 56% sont inscrits dans un dispositif mutualisé en 2024, soit 446 EHPAD. Ces deux fragments se lisent ensemble ; ils ne se superposent pas aux chiffres de la page de l’ARS.

Pour le décompte des dispositifs, l’étude distingue deux formes d’organisation : 53 dispositifs d’astreinte et 5 dispositifs de garde. Côté infirmiers, elle mentionne 434 IDE participant au dispositif en 2024.

Ce que mesure l’étude sur l’activité de nuit

L’étude mesure d’abord le volume de sollicitations, séparément pour chaque type de dispositif. Pour l’astreinte, elle indique 1,15 appel/semaine au sein des dispositifs d'astreinte. Pour la garde, on lit 13 appels/semaine (hors site). Ces deux valeurs concernent des types de dispositifs différents ; la seconde porte la mention « hors site », que nous ne cherchons pas à interpréter, et nous ne les comparons pas entre elles.

Sur la suite donnée aux interventions, l’étude indique que 11% des interventions de l’IDE ont conduit à la réalisation de prescriptions médicales anticipées. Cette phrase se limite à ce constat ; nous n’en tirons rien d’autre.

L’étude présente aussi les motifs de sollicitation. Les motifs pouvant être multiples pour une même sollicitation, ces parts ne forment pas un classement. Deux d’entre eux sont repris ici :

  • Troubles cardio respiratoires 21%
  • Chute (sans perte de connaissance) 16%

Le thème de la nuit en EHPAD se retrouve dans une autre lecture du site : le site propose aussi une lecture d’un rapport sur les événements indésirables graves en EHPAD, dont la période nocturne. Ce rapport est une source distincte, et cet article ne le reprend pas.

Organisation et coûts rapportés

Sur la continuité de la présence infirmière, l’étude chiffre les nuits sans IDE. Sous l’intitulé « Nuits non pourvues par un·e IDE », elle indique 1,6% au sein des dispositifs d’astreinte et 14% au sein des dispositifs de garde.

Côté financement, l’étude mentionne : « Une dotation ARS de 3 188 184,26 € en 2024 (y compris CNR de démarrage) ». Elle donne aussi une ligne de dépenses libellée : « Rémunérations liées à l'astreinte ou garde 63% ».

Pour replacer ces éléments dans une démarche de pilotage d’établissement, le site propose des repères sur le management et la direction d’un EHPAD ; cette page ne traite pas des dispositifs mutualisés de nuit.

Questions à vous poser, à l’échelle d’une région

Les questions qui suivent sont les nôtres : elles ne sont pas des constats de l’ARS ni de l’étude, et elles valent pour le périmètre régional décrit plus haut.

  • Votre établissement est-il rattaché à un dispositif mutualisé de sa région, et sous quelle forme, astreinte ou garde ?
  • Quelles informations vos équipes de nuit consignent-elles lorsqu’elles sollicitent un infirmier à distance ?
  • Comment vos procédures décrivent-elles le recours à un infirmier de nuit, notamment pour un résident qui chute ? Le site propose, sur ce sujet, des repères sur les protocoles relatifs aux risques gériatriques ; ils ne portent pas spécifiquement sur ces dispositifs.
  • Quelles données souhaiteriez-vous recevoir sur l’activité nocturne de votre établissement ? Pour situer les fonctions concernées, vous pouvez consulter la page sur les missions du médecin coordonnateur ; elle ne décrit pas ces dispositifs.

Sources officielles