La page de l'ARS Hauts-de-France consacrée à la prévention en EHPAD décrit des équipes régionales spécialisées, des thématiques prioritaires, un autodiagnostic et un financement. Cet article la présente, puis propose quelques questions de pratique pour le médecin coordonnateur, qui sont le point de vue de ce site et non celui de l'agence.
Ce que la page décrit des équipes de prévention
Pour préparer cette lecture, nous nous sommes appuyés sur la page de l'ARS Hauts-de-France consacrée au bien vieillir et à la prévention en EHPAD. L'un de ses intertitres indique : « ESPrévE: des équipes pour développer la culture de la prévention en EHPAD ». Le périmètre décrit est celui des Hauts-de-France ; cet article ne l'extrapole pas à d'autres régions.
La page indique que 13 ESPrévE, équipes pluridisciplinaires spécialisées en prévention, accompagnent les 585 EHPAD des Hauts-de-France sur leurs thématiques de prévention prioritaires. Elle revient sur l'origine du dispositif en ces termes : « En 2019, pour la première fois en France, l’Agence lançait les ESPrévE, des équipes composées d’ergothérapeutes, de psychomotriciens, de diététiciens et d’enseignants en Activité physique adaptée (APA), spécialisées en prévention en EHPAD. » C'est l'agence qui s'exprime ainsi ; nous rapportons cette formulation sans la commenter.
Sur la répartition territoriale, le texte précise que 13 équipes sont réparties sur toute la région et viennent en renfort des EHPAD pour des actions que la page détaille sous forme de liste.
Les thématiques prioritaires
La page énumère ces thématiques prioritaires : la chute, l’hygiène bucco-dentaire, la douleur, l’ostéoporose, les complications liés à Parkinson, la contention, les addictions et la nutrition. Cette liste est citée telle que la page la formule.
Les missions listées par la page
La liste qui suit la phrase sur le renfort des EHPAD comprend ces items :
- « Soutenir et accompagner les équipes et notamment le médecin coordonnateur, dans une démarche globale de prévention » ;
- « Contribuer à la prévention individuelle et collective en aidant les professionnels à se former et développer des actions et des outils » ;
- « Prévenir l’aggravation des conséquences des maladies sur les actes de la vie quotidienne et, par ricochet, sur le bien-être et l’état de santé général des résidents ».
Dans les passages que nous reprenons ici, le médecin coordonnateur n'apparaît que dans la formulation citée plus haut, telle quelle. La page n'y décrit pas son rôle précis : nous ne lui en prêtons donc aucun au-delà de cette phrase.
Autodiagnostic et plan d'actions : des pourcentages régionaux
La page livre deux pourcentages, que nous citons avec leur formulation : « Grâce à leur accompagnement, fin 2025 on compte 86% des EHPAD de la région ayant réalisé un autodiagnostic et 80% ayant élaboré un plan d’actions prévention avec une ESPréVE. » Le lien établi entre l'accompagnement et ces résultats est celui de la page.
Deux précisions de lecture s'imposent. Ces pourcentages portent sur les EHPAD de la région, et non sur l'ensemble du territoire national. Ils sont par ailleurs arrêtés à la date que la page indique dans la phrase citée. Pour un médecin coordonnateur dont l'établissement est situé dans la région, la phrase suggère une question simple, que nous reprenons plus bas : où en est votre propre établissement ?
Financement et actions : ce que la page chiffre
Sur le volet financier, la page de l'ARS indique que l’ARS Hauts-de-France a attribué fin 2025 3,6 millions d’euros pour permettre aux EHPAD de la région de renforcer leurs démarches de prévention. À titre d'exemples, elle mentionne l’achat de petits matériels d’animation d’ateliers ou de sensibilisation, d’outils d’éducation à la santé, le recours à des intervenants extérieurs en prévention.
La page chiffre aussi les actions : 1365 actions de prévention ont ainsi été impulsées en EHPAD. Elle précise qu'elles portent sur des thématiques aussi diverses que la promotion de l’activité physique, la prévention des chutes, de la dénutrition, des troubles de la déglutition, de la gestion des troubles cognitifs par des interventions non médicamenteuses, etc.
Le texte formule aussi un objectif : l’objectif partagé de cette démarche est d’intégrer la prévention dans les pratiques quotidiennes des équipes.
Repères distincts sur la prévention en EHPAD
Les documents ci-dessous sont indépendants de la page de l'ARS. Nous les présentons comme des repères distincts sur le cadre général, sans les relier à la page ni à ses chiffres.
Un document de l'Anesm hébergé sur le site de la HAS
Il s'agit d'un document de l'Anesm, publié sur le site de la HAS consacré au repérage des risques de perte d'autonomie en EHPAD. Ce document est de l'Anesm, et non de la HAS. Il énonce : « La gestion des risques de perte d’autonomie ou de son aggravation est à la fois sous la responsabilité du médecin traitant au niveau individuel et sous celle du médecin coordonnateur et de l’équipe soignante au niveau collectif. » Il indique aussi que le repérage des risques de perte d’autonomie ou son aggravation concerne l’ensemble des professionnels de l’Ehpad, et que même au grand âge, des actions de prévention de la perte d’autonomie voire de son aggravation peuvent être mises en place y compris en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.
Le rapport du HCFEA sur les EHPAD
Le rapport du HCFEA consacré aux EHPAD, disponible dans sa version publiée par le Haut Conseil, rappelle que Les règles minimales de fonctionnement des Ehpad en France sont fixées par décret et codifiées au CASF. Il ajoute : « Ces règles minimales ne définissent pas de normes, ni de taux d’encadrement. » Le rapport écrit également que tout établissement hébergeant des personnes âgées dépendantes doit organiser l’accès aux soins médicaux et infirmiers, et se doter d'une équipe de professionnels, dont un médecin coordonnateur.
Une fiche de la HAS sur l'activité physique et les chutes
Dans une fiche de la HAS sur l'activité physique et la prévention des chutes, on lit une recommandation d’ordre général, qui ne vise pas spécifiquement l’EHPAD : « Chez les personnes âgées à risque de chutes, il est conseillé de proposer des AP variées, adaptées au patient et d’intensité suffisante, en privilégiant les AP de la vie quotidienne. »
Questions de pratique, du point de vue du site
Ce qui suit relève du point de vue de ce site. Ce ne sont pas des constats de la page de l'ARS, mais des questions ouvertes que vous pouvez vous poser en tant que médecin coordonnateur, si votre établissement est concerné par le périmètre régional décrit.
- Un autodiagnostic a-t-il été réalisé dans votre établissement, et qui en a pris connaissance dans l'équipe soignante ?
- Parmi les thématiques énumérées par la page, lesquelles disposent déjà de procédures écrites chez vous, et lesquelles mériteraient d'être documentées ?
- Comment votre rôle de médecin coordonnateur pourrait-il se situer dans une démarche collective de prévention : information des équipes, suivi, échanges avec les intervenants extérieurs ?
- Quelles pratiques quotidiennes de votre établissement pourraient intégrer plus nettement la prévention, selon vous ?
Pour la navigation, le site propose des repères sur les protocoles liés aux risques gériatriques et sur les missions du médecin coordonnateur. Il publie aussi un article sur la commission gériatrique et le suivi des chutes et un autre sur le bien vieillir en Île-de-France. Ces liens sont donnés pour la navigation, sans lien établi avec la page de l'ARS Hauts-de-France.