Grippe et Covid : ce que la campagne dit des résidents d'EHPAD

Clinique & protocoles · Publié le · 8 min de lecture

Cet article présente ce que les pages officielles de la campagne conjointe contre la grippe et la Covid indiquent pour le public éligible, dont les résidents d'EHPAD : publics recommandés, administration des vaccins, circuit du bon de prise en charge. Il situe ensuite le cadre réglementaire du médecin coordonnateur et les points de vigilance à garder en tête à la lecture des pages de campagne.

Ce que la campagne conjointe ouvre

Pour un médecin coordonnateur, le point de départ est le calendrier national. La page d'actualité du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr indique : « À partir du 13 octobre 2026, une nouvelle campagne de vaccination est ouverte. »

La page de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté décrit le même dispositif sous l'angle de l'organisation : « À compter du 13 octobre 2026, les campagnes de vaccination contre la grippe saisonnière et la Covid-19 seront menées conjointement sur l’ensemble du territoire métropolitain. » Le geste vaccinal lui-même est détaillé plus bas.

Le calendrier connaît des aménagements territoriaux. Selon la page de l'Assurance Maladie consacrée à la vaccination contre la grippe : « La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière commence le 13 octobre 2026, à l’exception de Mayotte où la campagne de vaccination a démarré dès le mois de septembre et de La Réunion où la campagne est alignée sur celle de l’hémisphère sud. »

Vous pouvez vous demander, pour votre établissement, comment ce calendrier général se traduit dans votre organisation : choix du jour de vaccination, information des équipes, information des familles.

Les publics recommandés, dont les résidents d'EHPAD

La page du portail énumère les personnes pour lesquelles la vaccination est recommandée. Elle mentionne notamment : « les résidents en établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) et unités de soins de longue durée (USLD) ; » Ce point est celui qui concerne directement votre établissement.

La même liste cite aussi les personnes âgées de 65 ans et plus. Du côté de l'Assurance Maladie, la liste des recommandations mentionne par ailleurs les personnes séjournant dans un établissement de soins de suite ou dans un établissement médico-social d'hébergement, quel que soit son âge.

La liste du portail va au-delà des seuls résidents. Elle inclut les personnes en contacts réguliers avec des personnes immunodéprimées ou vulnérables, y compris les professionnels des secteurs sanitaire et médicosocial. Les recommandations propres à la vaccination des professionnels, ainsi que leur couverture, sont traitées ailleurs sur le site : voir l'article consacré à la vaccination grippe des professionnels d'EHPAD. Le présent article se concentre sur les résidents et sur le cadre de coordination médicale.

Administration des vaccins, délais et choix du vaccin grippal

Première question pratique : le geste vaccinal. Selon la page du portail : « Si vous êtes éligible aux deux vaccinations, il est possible de recevoir le même jour les vaccins contre le Covid-19 et contre la grippe saisonnière sur deux zones d'injection différentes (les deux bras par exemple). »

La page de l'ARS reprend cette possibilité en parlant de séance : « Les personnes éligibles pourront recevoir les deux vaccins au cours d’une même séance, sur deux sites d’injection distincts. » Elle ajoute : « La vaccination concomitante contre la grippe et la Covid-19 est possible et recommandée lorsqu’elle permet de simplifier le parcours vaccinal. »

Si les deux vaccinations ne sont pas réalisées le même jour, la même page précise : « Si les vaccinations ne sont pas réalisées simultanément, aucun délai minimal n’est nécessaire entre les deux injections. » Pour un médecin coordonnateur, la question d'organisation est de savoir si la séance unique, ou deux passages distincts, convient le mieux aux résidents de l'établissement.

Le délai relatif au vaccin contre la Covid est, lui, formulé ainsi par la page du portail : « À savoir : le délai après une dernière injection vaccinale contre le Covid-19 ou après une infection par le virus est de 6 mois (réduit à 3 mois pour les personnes immunodéprimées et les personnes âgées de 80 ans et plus). »

Pour le vaccin grippal, la page de l'ARS précise : les personnes âgées de 65 ans et plus relèvent d'une recommandation particulière. Deux types de vaccin y sont recommandés préférentiellement : un vaccin hautement dosé et un vaccin avec adjuvant. La page ajoute que les vaccins à dose standard peuvent également être utilisés. La question du choix du produit, pour les résidents concernés, peut se poser avec le médecin traitant et la pharmacie.

Bon de prise en charge, pharmacie et professionnels habilités

Le circuit repose sur le bon de prise en charge. D'après l'Assurance Maladie : « Si vous êtes concerné par les recommandations de vaccination, votre caisse d'assurance maladie vous envoie une invitation et un bon de prise en charge (valant prescription) ». La page du portail décrit l'étape suivante : « Si vous êtes une personne pour qui la vaccination est recommandée, vous pouvez retirer gratuitement le vaccin à la pharmacie, sur présentation de votre carte Vitale et du bon de prise en charge de l’Assurance Maladie. »

Sur la prise en charge, la page de l'ARS indique : « Le vaccin contre la grippe est pris en charge à 100 % pour les personnes ciblées par les recommandations. »

Reste le cas du bon perdu ou non reçu. La page de l'ARS prévoit : « Lorsqu’une personne éligible n’a pas reçu son bon ou l’a perdu, celui-ci peut être édité par un professionnel de santé habilité. » L'Assurance Maladie détaille les professionnels concernés : « Si vous avez perdu votre bon ou si vous ne l’avez pas reçu, votre médecin, votre pharmacien, votre infirmier ou votre sage-femme peut vous remettre un bon de prise en charge vous permettant d’obtenir en pharmacie le vaccin pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. »

La même page pose une limite : « Les professionnels de santé ne peuvent pas remettre de bon de prise en charge aux personnes non éligibles à la vaccination. » Vous pouvez en tirer une question pratique : qui, dans l'établissement, vérifie l'éligibilité de chaque résident avant la remise d'un bon ?

Le cadre réglementaire du médecin coordonnateur

Cette section ne prolonge pas les pages de campagne : elle rappelle un texte du CASF, lu séparément, comme repère de lecture et comme question de coordination. Le texte, consultable sur Légifrance dans l'article du CASF consacré au médecin coordonnateur, s'ouvre ainsi : « Sous la responsabilité et l'autorité administratives du responsable de l'établissement, le médecin coordonnateur qui assure l'encadrement médical de l'équipe soignante : »

Parmi les points énumérés, l'un concerne les prescriptions. Le texte énonce, parmi les missions du médecin coordonnateur : « Réalise des prescriptions médicales pour les résidents de l'établissement au sein duquel il exerce ses fonctions de coordonnateur en cas de situation d'urgence ou de risques vitaux ». La suite du même point est libellée ainsi : « ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins, incluant la prescription de vaccins et d'antiviraux dans le cadre du suivi des épidémies de grippe saisonnière en établissement. »

Ce point cite donc explicitement la prescription de vaccins et d'antiviraux dans le suivi des épidémies de grippe saisonnière en établissement ; les autres dispositions du même point se lisent dans le texte lui-même. Une question de coordination reste ouverte, sans constat des sources : comment votre établissement organise, avec les médecins traitants, la remise des bons de prise en charge à ses résidents ?

Le texte prévoit aussi une information des médecins traitants : « Les médecins traitants des résidents concernés sont dans tous les cas informés des prescriptions réalisées. »

Un autre point du même article est plus général et sert de repère de lecture : « Identifie les risques éventuels pour la santé publique dans les établissements et veille à la mise en oeuvre de toutes mesures utiles à la prévention, la surveillance et la prise en charge de ces risques ». Le site propose par ailleurs des repères sur les missions du médecin coordonnateur ; cette page ne traite pas de leur articulation avec la campagne de vaccination.

Points de vigilance à la lecture des pages de campagne

Les chiffres de couverture vaccinale appellent une lecture attentive de leur périmètre. La page de l'ARS écrit : « La couverture vaccinale contre la grippe a progressé lors de la dernière campagne, mais reste encore éloignée de l’objectif de 75 % fixé pour les populations à risque ». Elle précise ensuite : « elle atteignait, au niveau national, 49,6 % pour l’ensemble des personnes à risque ciblées par la vaccination et 56,7 % chez les personnes âgées de 65 ans et plus à l’issue de la campagne 2025-2026. »

Ces valeurs portent sur des populations de référence, à l'échelle nationale : les personnes à risque ciblées d'une part, les personnes âgées d'autre part, au terme de la campagne précédente. Il peut être utile de ne pas les lire comme une couverture des résidents d'EHPAD. Une autre page du site traite des couvertures vaccinales contre la grippe en EHPAD ; elle n'est pas reprise ici.

Autre point de lecture : la mention de priorité. Dans la rubrique « Recommandations pour les professionnels » de la page de l'Assurance Maladie, on lit : « Les personnes ciblées par ces recommandations seront vaccinées en priorité durant les quatre premières semaines de la campagne vaccinale. » Cette indication figure dans cette rubrique consacrée aux professionnels ; il peut être utile de ne pas la lire comme un calendrier propre aux résidents d'EHPAD.

Pour aller plus loin sur l'organisation au sein de l'établissement, le site propose des repères sur les protocoles et les risques gériatriques ; cette page ne traite pas de la campagne annuelle.

En pratique, trois questions restent ouvertes à ce stade et ne sont pas des constats : comment l'établissement identifie les résidents pour lesquels un bon doit être remis, qui assure le lien avec les médecins traitants, et comment la séance de vaccination est articulée avec le suivi des résidents.

Sources officielles